Et sa voix si fragile. Perdue dans le lointain du combiné. Ailleurs des larmes sur ses joues, de cette austérité qui lui va si mal. J'entend battre son petit coeur, j'entend ses sanglots, s'échappants. Doucement. Je voudrais la voir, lui dire, l'aimer tant et encore tant. Cette année où dans ses yeux je ne lisais que la colère. Ces quelques mots rempli d'amertume et lus par mégarde. La faille qui s'élargit, la voila seule. Quand sous le poids des mots, des lettres, je me suis éffondrée. Vidée de larmes et pleurant dans son écharpe, j'ai laissé le masque se briser. Je l'aime à en crever. Comme si vivre auprès d'elle, supporter ses sautes d'humeur, la voir grandir, se faire belle. Non même ça, même ses colères, même sa rage, son égoisme, ne peuvent l'atténuer. Cet amour qui s'éclate au milieu de tout. J'ai crié dans ses oreilles. J'ai brisé plusieurs fois ses espérances de mes mots transperçants. Mais je l'aimais. Inconsciemment. Dans ces moments où l'habitude nous tut. je rentre et la voila. Pas un mot et plus rien. Nous ne nous connaissons que trop. J'ai peur. Peur pour elle. Comme on a peur pour sa petite soeur. Celle qui a joué à la maman avec moi. Vous savez celle qui pleurait quand elle avait bobo au genou. J'ai mis des pansements sur ses petits bras. Elle m'a faisait des massages du visage avec son doudou et moi je me levais la nuit. Sa respiration si forte qui s'étaignait et le coeur emballé je partais la reveiller. De peur qu'elle se soit évanouie dans son sommeil. Et les premiers soir où seule je ne pouvais dormir. Sa respiration qui berçait mes rêves, mes nuit les plus douces. Absente. Pleine de vie le ragard clair et toujours du chocolat sur le menton. La voila notre Lélé. Quand de mes mots maladroits je tente en vain de lui dire : Je t'aime.
Photo Rose-INE.